La traite négrière a été une activité très ancienne en Afrique. Les Européens l'ont exploitée en poussant les Africains à chercher en elle le plus clair de leurs ressources.
Avant l'intervention étrangère, la traite des captifs se pratiquait sans nul doute dans la continent mais à une échelle extrêmement réduite. Elle avait surtout pour but de réintégrer socialement des individus qui avaient perdu leurs familles à la suite de guerres ou d'autres calamités.
Dans son essence, l'organisation de la famille africaine exclut l'isolement et l'individualisme. L'idéal des Africains c'est une existence communautaire fondée sur de puissants rapports familiaux.
Les esclaves abandonnaient leur patronyme pour adopter celui de leur maître. Cette intégration, ne représentant aucun danger pour le groupe acquéreur.
L'actuelle Maison des Esclaves date de 1776, construite par les Hollandais --- C'est la dernière esclaverie en date à Gorée parce que les premières remontent à 1536, construites par les Portugais, premiers Européens à fouler le sol de l'île en 1444 .
L'effectif variait entre 150 à 200 êtres humains (hommes --- femmes --- enfants) séparés de cellules --- Ils étaient assis, le dos contre les murs et des carcans les maintenaient au cou et aux bras --- On ne les libérait qu'une fois par jour afin de leur permettre de satisfaire leurs besoins.
Généralement les esclaves vivaient dans un état d'hygiène si repoussant que la première épidémie de peste qui a ravagé l'île en 1779 est partie de ce sanctuaire.
Bien des fois dans cette Maison, il s'y trouvait toute la famille. Le père la mère et l'enfant étaient systématiquement séparés. Leur destination dépendait des acquéreurs, le père pouvait se retrouver en Louisiane, la mère au Brésil ou à Cuba et l'enfant partait pour Haïti ou les Antilles.
Ils partaient de Gorée sous des numéros matricules et non sous leurs noms africains. Une fois arrivés dans les plantations, ils optaient pour le nom de leurs propres maîtres blancs.
C'est l'expansion continue de la demande résultant de l'immixtion étrangère dans les affaires du continent qui provoqua l'accroissement assez sensible du volume de la traite jusqu'alors très localisée.
Dès l'époque médiévale, en effet, les avantages matériels qu'offrait le commerce des esclaves incitèrent à multiplier les raids contre leurs voisins, afin de se procurer de quoi troquer contre les produits méditerranéens ou asiatiques.
Pendant des siècles, les esclaves furent principalement dirigées vers l'Afrique du Nord. Un trafic relativement intense s'effectuait à l'ouest de l'Afrique intéressant surtout le Maghreb. Son apogée semble se situer au XVe siècle. Un réseau central partait également de la région du Tchad, du pays Haoussa ; ces esclaves étaient destinés à la Tripolitaine et à l'Égypte. Ils cheminaient par route qu'utilisaient les caravanes transsahariennes.
Parallèlement à ce trafic vers le nord du Continent, le commerce des esclaves se développe aussi dans d'autres secteurs; en Afrique orientale d'abord, dès le Moyen Âge par l'intermédiaire des Arabes fortement implantés sur toute la Côte orientale vers le Moyen-Orient, l'Océan indien et l'Asie; ensuite, à partir du XVe siècle, par l'intermédiaire des Européens. Le trafic ne se développa vraiment en Afrique occidentale qu'à partir de l'arrivée des Européens et avec le trafic atlantique vers les Indes occidentales et l'Amérique, donc principalement à partir de la deuxième moitié de XVIIe siècle.
L'ancienneté de ce trafic en Afrique de l'Est est incontestable. On sait que des mouvements de population de grande amplitude s'y sont déroulés avec la recherche de main-d'oeuvre servile.
La Maison des Esclaves a été construite par les Hollandais en 1776. A l'intérieur, l'effectif variait entre 150 et 200 personnes. Les Noirs étaient assis dos au mur, des carcans entravant leur cou et leurs bras. Les conditions d'hygiène étaient déplorables. Dans le long couloir donnant sur la mer, une porte s'ouvre sur un petit quai en rônier qui servait d'embarcadère.